Nous en avions soufflé un mot l’an dernier à la même époque, février est le mois du Black History Month. Cet événement notable est cependant peu connu sous nos latitudes. Revenons-y donc, d’autant plus que l’édition 2026 a pour thème un siècle de commémorations de l’histoire des Noirs. A l’origine, l'Association for the Study of African American Life and History, destinée à la recherche sur l'histoire des Afro-Américains, avait initié la Negro History Week en 1926, en pleine effervescence de la Harlem Renaissance. Avec le double objectif de donner aux Noirs la fierté de leur histoire et de prouver à l'Amérique blanche le rôle important de leur communauté.

Elle l’avait placée la deuxième semaine de février pour coïncider avec les anniversaires de deux figures cruciales de l’abolitionnisme, le président Abraham Lincoln et Frederick Douglass. Sous l’impulsion du mouvement des droits civiques dans les années 60, la Negro History Week fut célébrée dans des villes de tout le pays et, au travers de campus universitaires, l’événement devint le Black History Month en 1970. A l’occasion du bicentenaire des Etats-Unis en 1976, le président Gerald Ford reconnut officiellement cette commémoration. Suivirent la Grande-Bretagne en 1987, le Canada en 1995 et l’Irlande en 2014, ainsi que la France et plusieurs pays africains sous une forme adaptée. Pour l’actualité comme pour les archives, le site de référence est celui de l’ASALH. (https://asalh.org)

Sur la genèse de l’événement, son évolution, le sens de la démarche et le rôle central de Carter G. Woodson, «père de l’histoire noire», un article est particulièrement recommandé. Nicolas Martin-Breteau en est l’auteur, il a été publié en 2015 et est disponible sur le site de La Vie des Idées, rattachée au Collège de France.
(https://laviedesidees.fr/Le-Black-History-Month)

La Maison du Jazz, par essence, traite continuellement des contributions afro-américaines à la musique en particulier et à la culture en général. Pour ce mois-ci, outre nos activités récurrentes, mentionnons la conférence «Nina Simone, diva d’une colère noire», au titre explicite, et une soirée consacrée à Steve Coleman, membre éminent du collectif M-Base qui a (re)dynamisé la scène jazz dans les années 80 et 90. Il en est question plus loin dans ce Hot House.

JO