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Interview en mode confinement
Antoine Pierre

Cette interview d’Antoine Pierre a été réalisée à distance le 26 mars 2020, par Olivier Sauveur.

Merci à Robert Hansenne pour les photos.

Salut Antoine, que de chemin parcouru depuis tes débuts avec Metropolitan quartet/quintet avec lequel vous aviez reçu le prix du concours Jeune Talent du festival de Comblain-la-Tour en 2009. Tu as reçu de nombreuses autres distinctions depuis, tout ce que tu touches deviendrait-il or !?

Salut Olivier ! Oui, Metropolitan, quelle aventure ! Je regarde cette période avec beaucoup d’amour. Quatre (puis 5) gamins qui se voient une à deux fois par semaine pour faire de la musique. Je me rappelle me languir sur les bancs d’école à attendre la fin de la journée pour aller répéter nos morceaux avec les lascars. Avec tout ce boulot, on a effectivement fait quelques trucs, comme gagner ce prix ou partir en Algérie pour aller jouer notre musique ! C’est à ce moment-là que j’ai décidé que j’allais faire ça de ma vie.

 

Tu as joué dans d’innombrables projets dans lesquels tu adaptais ton jeu de batterie, tu as aujourd’hui ta patte, ton propre jeu et tu es l’un des batteurs les plus convoités de Belgique, pari gagné ?

Le pari n’est jamais gagné ! Tout s’est déroulé très naturellement mais c’est surtout le fruit d’un travail acharné qui ne s’arrête jamais. On n’arrive jamais au bout de quoique ce soit quand on parle d’apprentissage. Chaque groupe m’a permis et continue à me permettre de me connaitre un peu plus chaque jour. La musique, comme toute autre discipline, est en constante évolution. Se mettre à jour est essentiel, surtout si on veut participer à cette évolution. Mon pari est surtout de continuer à avancer, en ne regardant pas trop dans le rétroviseur mais en étant conscient de ce qu’il y a derrière !

 

Vivre de la musique, un rêve accompli ?

Oui. J’estime avoir beaucoup de chance de pouvoir vivre de ce que je fais, de ce qui me passionne. Même si c’est parfois difficile, parce que c’est un milieu plus ou moins incertain. L’art demande que l’on s’implique à 100% mais c’est aussi important de faire la distanciation entre toi-même en tant qu’artiste et en tant qu’humain. En tout cas, je le vois comme un cadeau de pouvoir faire ça et de plus en plus, je veux me rendre utile, servir à quelque chose de plus grand que moi. Je ne sais pas encore comment faire, mais je continue à chercher !

 

Ta musique s’électrifie quelque peu au fil du temps, souhaites-tu évoluer vers le jazz-rock ?

J’adore le jazz-rock mais je pense que l’électronique dépasse la barrière des styles. Je suis très éclectique et j’adorerais arborer l’étiquette «d’inclassable ». L’emploi de l’électronique permet de nouvelles choses et s’impose dans notre époque. Mais cela me rapproche aussi de mon instrument et de pourquoi j’en suis tombé amoureux : parce que c’est un instrument acoustique !

 

En général, planifies-tu ta carrière ou laisses-tu venir les choses ?

Je pense que c’est un mélange des deux. Tu ne sais jamais ce qui peut arriver ! Une rencontre peut changer tout le cours du chemin que tu avais prévu. J’ai beaucoup d’idées, de fantasmes que je voudrais réaliser et je pense que la balance entre ces derniers et l’imprévu donne le meilleur de chaque situation !

 

La musique doit te prendre la majeur partie de ton temps, as-tu d’autres hobbys ?

Je fais beaucoup de sport ! Je suis fan de natation. J’y vais plusieurs fois par semaine. J’adore regarder des vidéos de Michael Phelps, par exemple, puis aller au bassin et me rendrecompte d’à quel point c’est incroyable de faire ce qu’il fait. Je vais aussi courir et je me suis remis au vélo.

Le confinement m’a fait découvrir de nouvelles choses aussi. Les… Sudokus et… une console de jeux ! Plaisir coupable…

 

Si tu avais fait autre chose de ta vie…  

La question piège ! Ca change en fonction des périodes. J’adore les langues étrangères, j’aurais bien fait quelque chose là-dedans. Mais parfois, j’ai envie de travailler dans un café et parfois, d’être garde forestier... Je précise, je n’ai jamais travaillé dans un bar ou fait les scouts, ce qui rend ces idées complètement saugrenues !

 

Les concerts sont annulés, que fais-tu pendant le confinement ?

J’en profite pour faire toutes les choses que je veux faire depuis longtemps et pour lesquelles je ne prends jamais le temps. Je suis donc ENFIN en train de travailler sur mon projet solo et électronique. Ca sera prêt vers l’été. Ensuite, je travaille beaucoup la basse électrique. J’adore cet instrument et je comprends de plus en plus de choses sur le rapport avec la batterie. A terme, j’adorerais avoir des groupes dans lesquels je joue la basse. J’alterne donc avec les Sudokus, le vélo, les jeux vidéos et cuisiner avec ma chère et tendre !

Et surtout, je fais tout au ralenti ! Ca ne m’était plus arrivé depuis des années. Voire jamais ?

 

Tu as baigné dans la musique avec un papa guitariste, profité d’une cave insonorisée pour répéter durant ton adolescence. Tu as ensuite suivi de nombreux cours avec des grands noms de la batterie et vécu une parenthèse new-yorkaise d’un an. Est-ce la marche à suivre, une recette imparable...

Je pense que l’ingrédient de base, c’est juste de faire les choses avec passion et sincérité. J’ai évidemment eu de la chance de tomber dans une famille où la musique est très présente, d’avoir fait un bout de chemin si généreux en belles opportunités. Mais tout ça, c’est personnel. Chacun son parcours. J’ai des amis qui n’ont pas eu tout ce que j’ai eu la chance d’avoir et qui sont incroyablement talentueux.

 

Quels conseils donnerais-tu à un jeune qui débute en musique ?

La même chose que la question précédente : faire les choses avec passion et sincérité. On est sur terre pour un petit laps de temps par rapport à l’histoire de l’Univers. Être curieux. Être ouvert à toutes les sources d’apprentissage en plus et rester humble.

Et surtout : s’amuser !